Informatique et intelligence collective #2 - Inventer la formation à distance

Mis à jour : mai 23

Le 12 mars dernier j'écrivais un premier post sur l'informatique et l'intelligence collective (Informatique et intelligence collective ou le syndrome de la caisse automatique)

Je relayais la pensée de Jean-Philippe Poupard pour qui l'intelligence collective à distance n'était pas efficiente aujourd'hui car ses formes restaient à inventer.

Le confinement et, en général, cette période de grandes incertitudes, nous poussent à réfléchir rapidement et avec force à l'invention de formes collaboratives à distance. Il faut y réfléchir mais aussi les expérimenter d'urgence.


C'est dans le domaine de la formation continue que de nouvelles modalités me semblent pouvoir émerger rapidement.


Aux yeux des stagiaires, le travail commun sur des études de cas et l'échange sont souvent les éléments qui apportent de l'interêt à la formation.

Assez rapidement, même lorsque le sujet du stage n'a rien à voir avec le management, je mets en place des jeux d'inclusion qui demandent aux stagiaires de collaborer, de faire groupe. L'objectif est de faire en sorte qu'un esprit de groupe s'installe le plus vite possible, que des échanges de contacts s'opèrent rapidement, que des débats éclatent à chaque pause. Parfois même ces débats éclatent pendant le temps de formation. Cela est difficile à gérer mais c'est la rançon du succès du stage ! Lorsque que l'on sait que, même en utilisant l'image, la capacité de concentration du groupe ne dépassera pas les quelques minutes et que l'on ne retient que 20% de ce que l'on écoute, on ne peut se satisfaire d'un stage uniquement basé sur de la transmission d'informations. Le débat ancre l'information dans la mémoire du stagiaire.

Alors, que les stagiaires débattent! Même dans des moments peu opportuns!


Ces échanges, débats, peuvent se poursuivre dans des communautés numériques d'apprenants, des plateformes d'échanges. Vous allez me dire, que ces communautés ne peuvent vivre que s'il y a eu contact direct en amont. Et ne peuvent donc être envisagès que comme la poursuite d'une formation en présence.

Et bien, je pense qu'ici l'image fixe, et encore plus l'image animée, peut pallier à ce manque de contact directe et cela même si les personnes ne se sont jamais rencontrées.

Par ce que nous vivons dans un monde d'images. Icônes et Emojis traduisent désormais nos émotions, bien mieux que n'importe quel mot. Certes, cela peut appauvrir nos qualités rédactionnels et la richesse de notre langue. Mais, les icônes sont efficaces. Et c'est bien l'efficacité que l'on recherche pour faire naître chez les stagiaires réflexion et échange.

Lorsque l'on utilise la vidéo, le langage non verbale, le langage du corps peut apparaitre en parti. Il devient alors possible de réaliser des séances de co-développement en mode webinaire, en utilisant des plateformes de type Zoom, Adobe Connect ou encore Google Meet, WhatsApp ou Skype. Ces trois dernières sont peu sécurisées mais ont l'avantage d'être bien maîtrisées du grand public et gratuites.



Ce qui se passe dans ma tête quand je réfléchis à la formation à distance



J'irais même plus loin en disant que les formations à distance apportent des solutions durables et sont plus efficientes que les stages en présence. Les vidéo d'un MOOC, les tutoriels vidéo, les blogs et vlogs proposent des ressources réutilisables à l'infinie. Il est possible pour l'apprenant de regarder le tutoriel autant de fois qu'il le désire. Et ce jusqu'à assimilation de son contenu. 

Ces ressources de formation n'ont pas de limite de temps et d'espace. Ainsi, on peut se former où l'on veut et quand on veut. Ce qui développe considérablement l'accessibilité de la formation continue.

La vidéo largement utilisée dans les MOOC et webinaires va permettre d'actionner la corde sensible du stagiaire. Il est très important d'utiliser cette corde sensible car elle active la mémoire. Et, il se trouve que c'est avec notre mémoire que nous apprenons.

L'image permet au cerveau de fonctionner par association. Si l'information déclenche une association, alors celle-ci ne va pas "glisser" (ou ne va pas "entrer d'une oreille et sortir par l'autre", comme le dit l'expression).

Lorsqu'une émotion, basée dans le système limbique, est sollicitée, elle réactive des données stockées dans notre mémoire. Le système limbique va alors donner ordre au système cortical de replacer l'information dans son contexte, de la nommer, de l'identifier. C'est à partir de ce moment que mémoire et attention sont mobilisées et que le stagiaire peut se servir de l'information que l'on vient de lui donner.

En bref, si vous voulez qu'une information passe, soit mémorisée puis utilisée, il faut activer des mémoires plus anciennes grâce aux émotions. Emotions notamment suscitées par l'image .

Voila pourquoi mes formations, même celles en présence, sont remplies d'images. Et, puisque le numérique me permet de varier les formats de ces images, il est une formidable opportunité.


Le numérique nous offre une autre opportunité de taille. Celle de rendre le stagiaire autonome.

L'acte de formation peut s'inscrire dans le quotidien puisque le stagiaire peut se former où il veut et quand il veut.

La formation peut être courte ou longue et donc le stagiaire peut choisir son degrés d'implication.

Les communautés, les réseaux sociaux peuvent s'utiliser de différentes manières: lecture, commentaire, publications d'articles, animation/modération. Ainsi, l'apprenant peut changer de posture comme il le souhaite.

Le stagiaire devient autonome car il peut choisir les modalités de sa formation.

Le numérique permet d'aller plus loin en proposant au formateur d'atteindre un objectif qu'il cherche à atteindre depuis longtemps. Celui de devenir un facilitateur.

Une personne qui facilite l'accès à des contenues, à des formes, à des medias. Il n'est plus qu'un simple expert qui diffuse un savoir.

Le formateur/facilitateur est un accompagnant vers des parcours de formation, des postures d'apprenants, vers une autonomie du stagiaire. Il travail à ce que la formation puisse se poursuivre sans limite de temps et surtout qu'elle puisse se poursuivre sans lui.

Il montre la voie de l'auto-formation quotidienne.


Et pour finir une petite synthèse vidéo de mon propos.





Puisque nous sommes sur un blog, n'hésitons pas à poursuivre le débat grâce à la fonction "commentaires"

Bon déconfinement progressif à tous.


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