Représentation esthétique de données ou l’anti PowerPoint #1

L’annonce est tombée en 2015, la durée moyenne d’attention est passée à 8 secondes, alors qu’elle était (seulement) de 12 secondes en 2013 (étude Microsoft Canada sur les 18-24 ans).

Cette nouvelle à dû contrarier toutes les personnes qui animent des réunions, ont à cœur d’informer et encore plus celles qui, par leurs annonces, espèrent faire naître le débat.

Mais, il ne faut jamais s’avouer vaincu. Des solutions existent pour attirer l’attention, concentrer l’auditoire, le faire adhérer et participer.


Les neurosciences ont montré que le cerveau traite 60 000 fois plus vite l’image que le mot. Ainsi, dans ce contexte de chute de notre capacité de concentration et de surcharge cognitive, il existe un outil miracle : LE VISUEL. Une présentation visuelle donne l’information de manière ludique et synthétique. Elle capte et surtout retient l’attention.


Dès 2008, Garr Reynolds dans son best-seller Présentation Zen : pour des présentations plus simples, claires et percutantes annonçait que mettre sous forme de texte à l’écran l’information que l’on dit à l’oral n’aide pas à faire passer le message.

Dans les 12 lois du cerveau (Leduc Ed. 2010), le professeur John Medina enfonce le clou. La visualisation l’emporte sur les autres sens (c’est la loi n°10). La vision représente 50% de l’activité cérébrale. Elle est si forte que l’on cherche à visualiser ce qu’un texte dit. Face à un mot, le cerveau analyse les formes des lettres puis reconstitue le mot. Lorsque votre cerveau est face à un mot c’est comme s’il se trouvait face à des peintures accrochées au mur d’une galerie. Chaque lettre est une peinture.

Bref, pour le cerveau le mot n’existe pas, alors pourquoi en mettre des listes dans des présentations PowerPoint ?

Suivant le même principe, les recherches ont prouvé que 3 jours après votre intervention, l’auditoire n’a retenu que 10% des informations que vous avez présentées oralement ou par des mots. Ce chiffre grimpe à 65% si vous présentez l’information en image.


A partir de là, si vous devez présenter des études, un rapport d’activité, des données chiffrées, de la statistique, comment faire pour limiter les mots et éliminer les diagrammes en bâton et autres camemberts ?

Ce sont deux designers d’origine italienne qui nous apportent une solution. Dans leur ouvrage Observ, collect and Draw : a visual Journal (Princeton Architectural Press, 2018) Giorgia Lupi et Stefanie Prosavec proposent une technique de représentation esthétique de données personnelles.

Ayant fait leurs études ensemble en Italie, elles se sont perdues de vues une fois installées dans la vie professionnelle. L’une est partie travailler en Angleterre et l’autre aux Etats-Unis. Réunies lors d'un congrès de designers, elles décident de renouer contact en s’envoyant chaque semaine une carte visuelle.



Sur ces cartes elles utilisent un vocabulaire visuel pour rendre compte d’un événement de leur semaine :

-combien de fois elles ont échangé un bonjour avec quelqu’un, et de quel type de bonjour il s’agissait (de politesse, chaleureux, instinctif…)

-combien de fois elles ont regardé leur téléphone portable sur une journée et pour quel motif (regarder l’heure, faire une recherche Internet, lire les mails…).

Passé un an de correspondance, elles ont théorisé dans un ouvrage cette technique de représentation de données personnelles qui permet de valoriser le quotidien, de mieux se connaître et d’améliorer ses interactions.


Cette technique est tout à fait transposable pour présenter de manière ludique, esthétique, étonnante des données chiffrées. Ce type de représentation peut largement figurer dans vos présentations de réunion et remplacer vos graphiques dans votre prochain rapport d’activité. Explication en image bien sur!


Représentation esthétique de données - Drawthelight Facilitation Gaëtane Perrault


Les plus téméraires d’entre vous ont probablement déjà saisi leurs crayons et bloc de dessin pour réfléchir à leur prochaine présentation.

Mais, il est permis ici de faire preuve d’un léger scepticisme. Aux personnes sceptiques, je dirais deux choses:

D’abord, que j’utilise cette technique à la fin de chacun de mes ateliers pour réaliser un bilan sensible. Les stagiaires sont particulièrement impliqués dans ce temps de bilan qui pourtant, en général, est rapidement fait en regardant sa montre. Les bonnes dispositions dans lesquelles cette technique plonge les stagiaires, contribue également au fort taux de satisfaction (que j’espère en grande partie dû à la présentation d’un contenu et d’un process adapté au groupe).

Ensuite, je ferai appel au chercheur John Von Restroff qui en 1933 à mis en avant que toute nouvelle information ou acte inattendu attire l’attention et a davantage de chance d’entrainer une mémorisation plus importante. L’œil et le cerveau sont toujours à l’affût d’interruption dans leur habitude. Ce mécanisme, (qui s’appelle tout simplement l’effet John Von Restroff) vous donne le feu vert ! Le cerveau veut qu’on l’étonne et si vous lui donnez ce qu’il veut, la stratégie sera obligatoirement payante.


N’hésitez pas à tester et à me faire un commentaire en retour


Drawthelight Facilitation – Gaëtane Perrault

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